
De la fin du Xe au milieu du XIIIe siècle

Sandrine Escaffre soutiendra prochainement sa thèse de doctorat, intitulée Pouvoirs et emprise territoriale dans l’espace central des Pyrénées (Comminges, Aure), de la fin du Xe au milieu du XIIIe siècle.
Les renouvellements récents de l’historiographie médiévale ont jusqu’à présent peu touché l’espace central des Pyrénées. La grande thèse de Charles Higounet, Le comté de Comminges, de ses origines à son annexion à la couronne, publiée en 1949 a marqué de son empreinte le sud toulousain et l’espace central des Pyrénées pendant plusieurs décennies. Le choix de l’espace étudié, Comminges et vallée d’Aure, propose de rassembler ces vallées, leur piémont et l’extension commingeoise au nord dans les collines gasconnes, dans un même raisonnement afin de montrer la communauté de destin qui les rassemble durant le Moyen Âge central, de la fin du Xe siècle au milieu du XIIIe siècle. L’étude menée s’est attachée à réexaminer, à l’aune des évolutions historiographiques récentes et de 152 documents inédits provenant en particulier de l’abbaye cistercienne de Nizors, l’histoire de l’espace commingeois sous l’angle des rapports de pouvoir des différents acteurs de la société et de leur inscription territoriale. Dans le grand mouvement de territorialisation des pouvoirs temporels et spirituels, et dans un espace considéré comme pauvre en sources, les familles aristocratiques et seigneuriales ont progressivement inscrit leur puissance de façon différenciée au sein de territoires, parfois mouvants, à l’interface d’autres entités politiques. Si les mentions de la féodalité sont bien moins nombreuses que dans d’autres territoires du midi médiéval, pour autant, et pour s’inscrire en faux par rapport à une tradition historiographique ancienne mais toujours active, le Comminges montre une organisation bien structurée sur le plan spatial. Les outils mis en oeuvre par les seigneurs commingeois, par les établissements monastiques et par le pouvoir épiscopal, permettent un encadrement étroit de la société et montrent un comté au maillage territorial particulièrement dense. Pourtant, les lacunes de la documentation laissent dans un clair-obscur le principal acteur de la féodalité entre la fin du Xe siècle et le milieu du XIIIe siècle : la famille comtale de Comminges ne se donne à voir qu’au travers des relations politiques avec les comtés voisins. L’impression qui s’en dégage est celle d’un comté introuvable à l’existence pourtant bien matérielle mais dont les limites territoriales sont malaisées à tracer et dont le pôle de pouvoir fluctue selon les périodes, au gré des soubresauts de la grande guerre méridionale et de la croisade albigeoise. L’étude proposée s’attache donc à réexaminer l’organisation du territoire commingeois à différentes échelles pour en saisir les acteurs, les dynamiques à la fois internes et externes dans un contexte de territorialisation des pouvoirs, qu’ils soient laïcs ou religieux.
📅 20/02/2026
📍 Toulouse
📜
